Connaître ses assurés est indispensable. Connaître ses partenaires l’est tout autant.
Le 8 septembre 2026, l’Agence française anticorruption (AFA) a publié un guide pratique consacré à l’évaluation des tiers au regard du risque corruptif. Structuré autour de sept fiches méthodologiques, ce document a vocation à accompagner les organisations dans la conception et le déploiement de leur dispositif d’évaluation des tiers.
À première vue, certains acteurs de l’assurance pourraient considérer cette publication comme éloignée de leurs préoccupations quotidiennes. Il n’en est rien.
L’activité assurantielle repose sur un écosystème particulièrement dense. Courtiers, agents généraux, apporteurs d’affaires, experts, prestataires de gestion, réparateurs agréés, réseaux de soins ou sociétés d’assistance interviennent quotidiennement dans la vie des entreprises d’assurance. Leur contribution est essentielle à la distribution des produits, à la gestion des sinistres et à la qualité du service rendu aux assurés.
Mais cette interdépendance implique également une exposition potentielle à des risques d’atteinte à la probité. Comme le rappelle l’AFA, les tiers peuvent être impliqués dans la commission, la facilitation ou la dissimulation de faits de corruption ou de trafic d’influence, exposant les organisations à des risques juridiques, financiers et réputationnels.
Une démarche fondée sur le risque
L’un des principaux apports du guide est de rappeler que l’évaluation des tiers ne doit pas être réduite à un exercice documentaire ou à une formalité administrative.
L’AFA préconise une approche proportionnée aux risques, reposant notamment sur le recensement des tiers, leur catégorisation, leur évaluation individuelle ainsi que le suivi des situations identifiées comme sensibles.
Cette méthodologie présente un intérêt particulier pour les acteurs de l’assurance. Ces derniers sont déjà familiarisés avec les logiques d’analyse des risques, de contrôle et de vigilance. Le guide les invite à transposer cette culture du risque à la relation entretenue avec leurs partenaires commerciaux et opérationnels.
L’enjeu n’est pas seulement de savoir avec qui l’on travaille. Il s’agit également d’être en mesure de démontrer que les diligences appropriées ont été mises en œuvre avant et pendant la relation d’affaires.
Les intermédiaires au cœur des préoccupations
La place accordée aux intermédiaires dans le guide mérite une attention particulière.
L’AFA consacre en effet une annexe spécifique aux risques associés à ces acteurs, soulignant que certaines situations peuvent justifier une vigilance renforcée, notamment lorsque leur rôle, leur rémunération ou leur apport économique apparaissent insuffisamment justifiés.
Cette analyse trouvera un écho particulier auprès des professionnels de l’assurance, dont l’activité repose historiquement sur l’intervention de multiples intermédiaires et partenaires commerciaux.
Sans remettre en cause la légitimité de ces modèles de distribution, le guide rappelle qu’une connaissance insuffisante des tiers peut constituer un facteur de vulnérabilité dans les dispositifs de prévention de la corruption.
Au-delà de la seule conformité
Le guide de l’AFA ne crée aucune nouvelle obligation. Il propose en revanche un cadre méthodologique particulièrement utile pour structurer les dispositifs existants et renforcer la maîtrise des risques liés aux relations d’affaires.
Dans un contexte où les exigences de conformité se renforcent continuellement, la connaissance des tiers constitue désormais un enjeu stratégique. Elle participe à la protection de l’entreprise, de sa réputation et de ses activités.
Pour les acteurs de l’assurance, cette publication rappelle une réalité simple : la maîtrise des risques ne repose pas uniquement sur la connaissance des assurés ou des bénéficiaires. Elle suppose également une compréhension fine de l’ensemble des partenaires qui interviennent dans la chaîne de valeur.
Pour aller plus loin
Le guide complet de l’AFA est accessible ici :



